Coopération

 





Bertrand Gallet, Directeur Général de Cités Unies France, a retenu quatre idées sur le thème de la coopération. 
Tout d'abord, il insiste sur l'importance de l'approche éthique dans la responsabilité des partenaires. Il faut passer d'une relation souvent inégalitaire, notamment en coopération internationale, à de véritables partenariats, sans faux-semblants. Deuxièmement, il faut rechercher la compréhension des autres cultures et ne pas se contenter d'échanger des outils et des techniques mais s'attacher au fond des choses. Troisièmement, il faut passer d'une aide Nord-Sud, stricto sensu, à de véritables transferts de compétences. Quatrièmement, ces transferts peuvent être réciproques. Les « sachants » ne sont pas tous au Nord et les « écoutants » au Sud. Nous pouvons aussi organiser des coopérations Sud-Nord, voire transversale
Bertrand Gallet a annoncé lors des Rencontres nationales du développement durable  « Rio + 10, l'après  Johannesburg » qui se sont tenues à Angers les13 et 14 novembre 2002 ...la fusion des grandes associations de coopération décentralisée comme IULA, l'AFMCU ou Métropolis pour déboucher, en 2004, sur une grande institution suffisamment représentative pour pouvoir discuter comme les Etats, avec l'ONU ou l'Union européenne, afin d'obtenir des fonds communautaires suffisants

Agendas 21 locaux - coopération européenne et internationale
Biens publics mondiaux : conceptions et implications pour la coopération internationale
Coopération
Coopération avec les pays médittéranéens
Coopération au développement
Coopération aux niveaux international, régional et national
Coopération dans le domaine de l'eau et du développement durable
Coopération dans le secteur de l'eau
Coopération décentralisée
Coopération économique Asie-Pacifique
Coopération en matière de recherche en appui au développement durable
Coopération en matière d'environnement et de gestion des ressources naturelles
Coopération entre le Programme des Nations Unies pour l'environnement et les organismes et institutions spécialisées des Nations Unies
Coopération entre les états
Coopération et coordination interinstitution
Coopération française et développement durable
Coopération interinstitutionnelle
Coopération internationale 1 2 3
Coopération internationale pour le dévelopement durable
Coopération Nord-Sud et lutte contre les menaces globales
Coopération pour le développement du tourisme durable
Coopération pour le développement du commerce équitable
Coopération Sud-Sud
Coopération technique
Coopération technique pour le développement
Coopération communautaire
Coopération décentralisée
Coopération en matière d'environnement sur la Gestion des Ressources Naturelles
Coopération en matière de recherche
Coopération et création de capacités
Coopération internationale
Coopération Nord Sud
Coopération pour le développement du commerce équitable
Coopération pour le développement du tourisme durable
Coopération technique pour le développement
Coopération transfontalière
Coopération Nord-Sud et lutte contre les menaces globales
Coopération technique
Coopérative
Coopératives de salariés associés
Coopérative sociale
Coopérer pour entreprendre
Groupement national de la coopération
Innovations technologiques , Bonnes Pratiques et Solutions diverses : Coopération

Elizabeth CATTON
Nous avons réalisé la nécessité de disposer d'outils et de méthodes. A partir des expériences présentées, nous avons fait deux propositions qui sont liées. La première consiste à choisir des thématiques leviers, par exemple la question de l'eau et de l'assainissement, qui se posent fréquemment lors des coopérations décentralisées, ou encore l'énergie et le traitement des déchets sur lesquelles les collectivités locales sont plus à même d'intervenir. A partir de ces thématiques, nous proposons d'identifier des modalités de mise en œuvre partagée. Nous avons largement évoqué la question de la mutualisation et des échanges pour progresser.
En outre, avec trois ou quatre collectivités avancées dans la coopération décentralisée, nous mettrons en place un groupe de travail composite chargé de suivre la mise en œuvre des politiques de développement durable. Ce travail s'étendrait sur dix-huit à vingt-quatre mois et nécessiterait quatre ou cinq rencontres. Il pourrait tirer de ces expériences des enseignements diffusables et aboutir, par exemple, à une charte de la coopération décentralisée intégrant des principes de développement durable. 

Yves DUSSER, Saumur 
Je ne suis pas élu. Je suis simplement depuis plus de trente ans militant de la solidarité internationale, « Un peuple solidaire, artisans du monde ». J'ai apprécié que l'accent soit mis sur la nécessité de ne pas imposer notre propre modèle de développement aux pays du sud. C'est la raison pour laquelle je préfère au terme de « développement durable » celui de « mode de vie durable », qui a été introduit par le SCI, un organisme qui, depuis 1920, travaille à la promotion de la paix au travers de chantiers de jeunes. Ce terme me paraît plus respectueux des pays du sud. Pour finir, je voudrais rappeler une phrase d'un responsable d'Afrique noire en France : « Avant de nous aider, cessez de nous voler ». Bien sûr, les situations ont évolué, mais ne soyons pas, même inconsciemment, hypocrites. 

Jean-Marie BOCKEL 
Nous sommes aujourd'hui un certain nombre d'élus locaux à nous être engagés dans cette démarche d'Agenda 21. Cette démarche était la continuation logique des actions que nous menions depuis de nombreuses années : nous faisions déjà de l'Agenda 21 sans le savoir. Nous sommes aujourd'hui dans la phase finale de la rédaction de notre Agenda 21. Pour nous, il était inconcevable que la coopération décentralisée ne soit pas au cœur de notre Agenda 21
Nos concitoyens, dans des villes de forte immigration comme la mienne, ont souvent des réactions de peur, de rejet, d'incompréhension. L'implication des concitoyens dans la coopération décentralisée permet, avec d'autres démarches, de surmonter ces réactions.


Bernard HUSSON 
Les collectivités territoriales n'étaient pas à Doha, à la dernière conférence de l'OMC, mais elles étaient à Johannesburg. Nous pouvons faire le pari qu'elles seront à la prochaine conférence de l'OMC. Il s'agit d'une grande nouveauté. C'est probablement sous la pression des collectivités locales que le développement durable sera pris en compte dans les négociations de l'OMC. 

Bernard HUSSON 
L'appel de Hanovre - 11 février 2000 
L'Appel de Hanovre lancé par les maires européens à l'aube du XXIe siècle  fait obligation à ses signataires de renforcer la coopération décentralisée vis-à-vis de leurs homologues du sud, en limitant le sud au bassin méditerranéen


Bruno COOREN
Nous avons ébauché avec la commune de Brou-sur-Chantereine une méthode devant assurer une meilleure durabilité des projets de coopération solidaire. Elle est basée sur les six principes suivants : 

  • Les projets doivent répondre à une double exigence : répondre à des besoins immédiats sans négliger les perspectives de long terme. 

  • L'approche adoptée doit, dès lors, être globale, intégrée et transversale, et doit éviter la logique d'assistance et l'humanitaire. 
    Principe de réciprocité 

  • Etablissement d'un dialogue permanent entre collectivités partenaires, impliquant l'ensemble des parties prenantes. 
    Ceci comprend l'implication au sein de la collectivité du sud :  des différents échelons décisionnels, du micro-local (quartier) au niveau national, d'une pluralité d'acteurs potentiellement concernés par le projet, afin d'en assurer le caractère intégré et transversal. 

  • Ne pas faire cavalier seul
    Ainsi, il est nécessaire de : 
    • s'imbriquer dans les programmes de développement durable menés à d'autres échelons (ex. : coopérations menées par l'Etat, l'Union Européenne, les Nations Unies) 
    • travailler en réseau avec les autres acteurs de la coopération (autres collectivités du nord, associations, etc.) 
    • impliquer une pluralité d'acteurs de nos collectivités (du nord) 
  • Procéder à l'évaluation du projet à toutes ses étapes
  • Assurer la pérennité du projet 
    En favorisant par exemple, la coopération sud-sud autour du projet.


Farid Yaker, ONG ENDA Europe 
Ma question porte sur la place des migrants dans les dispositifs de coopération décentralisée. Cette place est de plus en plus reconnue, notamment au travers de la mise en place d'un forum des organisations de solidarité issues de l'immigration. Les migrants, en tant que porteurs d'une double culture, sont des vecteurs de coopération intéressants. Dans quelle mesure, dans vos villes et vos dispositifs, participent-ils aux actions de coopération décentralisée ? A ce propos, je voudrais signaler que la ville de Paris a pris conscience, dans le cadre de la réforme de sa politique de coopération, de la place des migrants puisqu'elle organisait en mars 2003 les premières assises du co-développement et de la solidarité internationale. 


Coopération transfrontalière  : Brigitte TONNET 
Au pays basque, nous sommes dans une logique d'intercommunalité transfrontalière. Une agglomération transfrontalière émerge depuis le début des années 90. Les élus ont pris conscience de la nécessité d'accompagner ce mouvement. Un accord de coopération transfrontalière a été signé entre le district de Bayonne Anglet Biarritz et la diputacion foral de Guipuzcoa. Une structure de coopération transfrontalière, l' agence transfrontalière pour le développement de l'euro-cité basque, a été créée. Un document de prospective stratégique, le livre blanc de l'euro-cité basque, a été élaboré. Ce livre blanc définissait trois objectifs : faire de cette agglomération transfrontalière une plate-forme d'échanges atlantiques, organiser la métropole polycentrique en réseau et valoriser la qualité environnementale de la région (« métropole jardin »). 
Quelle est la méthodologie adoptée pour les projets de coopération transfrontalière ? L'agence transfrontalière cherche à mettre les actions identifiées dans le livre blanc. A cette fin, elle mobilise l'ensemble du partenariat compétent sur le territoire en créant des commissions de projet ad hoc. Ces commissions remontent les projets au niveau de l'agence de coopération transfrontalière, laquelle se charge ensuite du montage opérationnel des projets.

Bertrand GALLET 
La coopération décentralisée présente des risques. Les collectivités françaises risquent d'imposer au sud, dans le cadre d'un développement, des principes que les pays du nord n'appliquent même pas eux-mêmes. Les principes de démocratie, d'absence de corruption et de débat sont considérés au nord comme secondaires. Le principe de réciprocité a été abondamment cité. J'ai été très intéressé par les principes posés par Monsieur Fried sur l'éthique et la culture. L'éthique consiste à éviter la victimisation. Les pays du sud ont tendance à surjouer la victime parce qu'ils savent que c'est ce qui est attendu d'eux. Il faut dépasser cette relation perverse. La culture est aussi un préalable. A Cités Unies France, nous recevons quantité de demandes sur l'interculturel, sur la compréhension de l'autre. 
Avec les collectivités locales, un nouvel acteur apparaît : les collectivités locales gênent à la fois les Etats parce qu'elles ont la légitimité démocratique et les ONG parce qu'elles ont la légitimité technique

Bérengère QUINCY : ambassadrice déléguée à l'environnement
Les collectivités locales sont les nouveaux acteurs indispensables lors des discussions multilatérales notamment en matière de coopération décentralisée. J'espère qu'elles s'affirmeront à l'occasion de ces trois rendez-vous pour qu'elles puissent mettre leur compétence et leur désir de solidarité au service du développement durable.





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