Finances
 



Les activités du secteur financier revêtent une importance cruciale pour le développement durable. L'influence la plus marquante des banques, des investisseurs et des compagnies d'assurances ne réside pas uniquement dans leur impact direct sur l'environnement ou sur l'aspect social, mais aussi et surtout dans la manière dont elles allouent les capitaux et les ressources financières. C'est en soutenant et en privilégiant des activités économiques durables que le secteur financier exercera sa responsabilité sociale, éthique et environnementale.
Produit criminel mondial brut : Des millions de comptes et des dizaines de milliers de sociétés écrans gèrent et recyclent les mille milliards de dollars annuels du « produit criminel mondial brut ». La criminalité financière profite de l'existence des 250 zones franches et des paradis fiscaux qui sont constitués, pour 95% d'entre eux, d'anciens comptoirs ou colonies britanniques, français, espagnols, néerlandais et américains, restés dépendants de leur puissance tutélaire. Sources : Jean de Maillard, Un monde sans loi

Responsabilité
Responsabilité des collectivités locales dans la mise en œuvre du développement durable
Responsabilité environnementale

Promouvoir la responsabilité écologique et sociale et la transparence dans le monde des affaires. Les mesures à prendre à tous les niveaux seraient notamment les suivantes :
  • Encourager le secteur industriel à améliorer sa performance sociale et écologique grâce à des initiatives volontaires, notamment des systèmes de gestion de l'environnement, des codes de conduite, des mesures de certification et la publication d'informations sur des questions écologiques et sociales, compte tenu d'initiatives telles que les normes de l'Organisation internationale de normalisation et les directives relatives à l'établissement de rapports sur la viabilité énoncées dans le projet de rapport mondial, compte tenu du principe 11 de la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement;

  • Encourager le dialogue entre les entreprises et les communautés où elles exercent leurs activités et les autres parties prenantes;

  • Encourager les institutions financières à intégrer les considérations relatives à la viabilité dans leur processus de décision;

  • Mettre en place sur le lieu de travail des partenariats et des programmes, notamment des programmes de formation et d'éducation 

Le CFIE - Dossiers - Etudes - Conseils - Analyses - Critères d'analyse - Dialogue avec les entreprises - Conditions de travail - Placements éthiques

Responsabilité environnementale - proposition de directive
Responsabilité environnementale - livre blanc
Responsibilité étendue au producteur
Responsabilité sociale


Association pour une Taxation Financière pour l'Aide aux Citoyens (ATTAC)

Ethique sur l'Etiquette

Coordonnées des correspondants locaux - Que se passe-t-il près de chez vous ? European Business Ethics Networks (EBEN) - European Business network for Social Cohesion (EBNSC)


Aujourd'hui, le secteur financier est de plus en plus exposé à rendre des comptes sur son engagement en matière de gestion de l'environnement et de reporting. Cet examen n'est plus seulement le fait de groupes de pression. Il est également imposé par diverses «parties prenantes» - investisseurs, actionnaires, clients, fournisseurs - ainsi que par les agences de notation. 
L'impact environnemental du secteur financier se joue à deux niveaux
1) Impacts directs
Cconsommation d'énergie (chauffage, électricité, climatisation, éclairage, appareils de bureau, etc.) 
Consommation de ressources matérielles (eau, papier, matériaux de construction, etc.) 
Transports (employés, matériel)
Déchets
2) Impacts indirects
Le développement de nouvelles technologies dans les domaines de l'énergie (énergies renouvelables) et de la gestion de l'eau ainsi que des déchets dans les pays industrialisés a été activement soutenu par des mesures novatrices en matière de capital-venture, gestion d'actifs, crédit bancaire tenant compte des risques environnementaux et fonds d'investissement verts.
La gamme des services financiers (banque, assurance, réassurance, gestion d'actifs, gestion de portefeuille, investissement) peut entraîner des conséquences indirectes importantes sur l'environnement, ce qui implique des risques en cas de non-engagement du secteur. 
UBS Warburg, par exemple, a établi un système de gestion du risque environnemental afin d'évaluer les risques de réputation, de viabilité des prêts et de financement des projets. Sur cette base, les banques qui ont établi des «filtres» similaires peuvent rejeter des demandes d'emprunts en se fondant sur des critères sociaux, environnementaux ou éthiques.


Indicateurs de gestion environnementale et sociale 

Un projet suisse réunissant onze institutions financières et une société de consulting, conduit entre 1999 et 2000 sous le nom de EPI-Finance, a produit une série d'indicateurs de performance environnementale pour le secteur financier. Ces indicateurs concernent les secteurs des banques commerciales, banques d'investissement, gérants de portefeuilles et compagnies d'assurances. Ils prennent en compte:
  • La performance des systèmes de gestion environnementale (positions ou départements environnementaux au sein de la société, formation du personnel en matière environnementale, audits)
  • La performance environnementale des services financiers (vérification des risques, investissements verts, financement des entreprises «pionnières», politiques environnementales novatrices).
Ce projet s'est internationalisé et se poursuit actuellement sous le nom de SPI-Finance. Il vise à développer des indicateurs de durabilité sociale (Social performance indicators) pour le secteur financier.
  • EPI-Finance (Environmental Performance Indicators for the Financial Industry) 
  • SPI-Finance (Sustainable Performance Indicators for the Financial Industry)

Responsabilité sociale des entreprises : Si toute entreprise doit s'acquitter de ses obligations légales et conventionnelles, elle doit également intégrer à sa stratégie globale, à ses décisions stratégiques comme à son fonctionnement quotidien, les problématiques sociales, sociétales et environnementales. Le concept de responsabilité sociale est essentiellement promu par les grandes entreprises aujourd'hui, même si des pratiques socialement responsables existent dans tous les types de sociétés, publiques et privées, y compris les PME et les coopératives.

Le concept de responsabilité sociale et environnementale recouvre les initiatives prises par les entreprises en vue de contribuer à améliorer la société et respecter l'environnement en intégrant les préoccupations sociales et environnementales à leurs activités et aux relations avec leurs "parties prenantes". De plus en plus d'entreprises reconnaissent cette responsabilité vis à vis de leurs salariés, de leurs partenaires économiques et de leurs clients. Elles considèrent leur performance dans le domaine de la responsabilité sociale et environnementale comme l'une des composantes de leur identité. A contrario, le laxisme, voire l'irresponsabilité de certaines sociétés peut être dramatique. Le développement de l'investissement socialement responsable (ISR) d'un nombre croissant d'investisseurs, qui privilégient des entreprises assumant largement leurs responsabilités vis-à-vis de la société, témoigne à la fois d'une demande des apporteurs de capitaux et d'un mouvement global des entreprises.

Créer un référentiel au niveau national en matière de responsabilité sociale et environnementale des
entreprises, puis le promouvoir tant en France qu'à l'international

La notion de responsabilité sociale et environnementale est relativement récente. La mise en oeuvre d'un tel concept est une grande ambition, car il concerne des organisations aussi complexes et ramifiées que celles du monde industriel et marchand.
La France entend adopter une démarche pragmatique dans ce domaine en associant autant que possible l'ensemble des acteurs. Après avoir élaboré sa définition de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, elle s'attachera à sa promotion aux niveaux européen et international. Les avancées en la matière devront bénéficier au plus grand nombre.

Il conviendra de veiller à un traitement équitable des entreprises étrangères par rapport aux entreprises françaises pour éviter des distorsions de concurrence.

Plan d'actions :
Elaborer une définition française de la responsabilité sociale et environnementale en liaison avec les représentants des principaux acteurs français 
Articuler cette définition française de la façon la plus cohérente possible avec celles existantes ou en cours d'élaboration dans les instances internationales, et agir au niveau international pour favoriser l'émergence d'outils d'évaluation communs
Valoriser les entreprises dans leurs actions en faveur des pays en développement.

Inciter les entreprises à adopter un mode de fonctionnement responsable sur le plan environnemental et sur le plan social

Les entreprises en France doivent respecter la législation en matière d'environnement et en matière sociale. La mise en oeuvre du concept de responsabilité sociale et environnementale conduit à aller au-delà des obligations législatives et réglementaires et à adopter des comportements "durables" dans des secteurs où la loi ne prévoit rien 
Les acteurs publics participeront activement à toutes les instances et initiatives internationales (ex : OIT, OCDE, pacte global, global reporting initiative ou GRI,..), en y associant un maximum de partenaires privés, y compris sur les domaines liés à l'éthique (transparence des comptes, lutte contre la corruption ) 

Plan d'actions :
Evaluer le dispositif législatif et réglementaire français en matière de "reporting" environnemental (article 116 de la loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE) et son décret d'application) et examiner sa cohérence avec les normes internationales

Promouvoir la réalisation de rapports sur le développement durable par les entreprises non cotées

Favoriser les échanges entre les différents acteurs dans ce domaine pour provoquer une émulation collective et diffuser les retours d'expérience, secteur d'activités par secteur d'activités
Dans ce cadre, avec tous ses partenaires, agriculteurs, sylviculteurs, fédérations professionnelles, coopératives, entreprises de l'agro-alimentaire, sociétés de services , associations, le ministère chargé de l'agriculture engagera une étroite concertation, pouvant se traduire par des chartes et protocoles traduisant les enjeux du développement durable.

Objectif 3 : développer l'investissement socialement responsable (ISR)

plan d'actions :
Elaborer une définition nationale de l'investissement socialement responsable servant de référentiel ; promouvoir cette définition au niveau européen et international
Encourager le développement du financement socialement responsable auprès des banques, sociétés d'assurance, gestionnaires de fonds et autorités de régulation. Ainsi, la loi instituant le fonds de réserve des retraites prévoit la prise en compte dans sa politique de placement de considérations sociales, environnementales et éthiques : une partie des actifs de ce fonds sera investie suivant les principes de l'investissement socialement
responsable.

 

Principes de management durable pour le secteur financier

Les institutions bancaires et les compagnies d'assurances sont de plus en plus nombreuses à signer la Déclaration des institutions financières sur l'environnement et le développement durable, lancée en 1997 par le PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement). Le texte de cette déclaration est joint en annexe (cf. Annexe F).

Le processus de mise en œuvre d'une stratégie de gestion durable se décline en plusieurs étapes:

Dans le cadre de l'Initiative financière du Programme des Nations unies pour l'environnement (UNEP Financial Initiative - UNEP FI), un groupe de travail chargé des questions relatives à la gestion et au reporting environnemental (UNEP FI Working Group on Environment Management and Reporting - EM&R) se penche actuellement sur la création d'un outil de gestion environnementale pouvant s'appliquer au secteur financier sur le plan mondial. Ce groupe réunit dix-neuf institutions financières.

Principes de Londres

La «Corporation of London», qui réunit plusieurs sociétés du secteur financier britannique, a rendu publique lors du Sommet de Johannesburg, en août-septembre 2002, une série de principes destinés à promouvoir le rôle des institutions financières en matière de développement durable.Ces «Principes de Londres» sont au nombre de sept:

Prospérité économique
1. Fournir un accès aux produits financiers ainsi qu'aux produits de gestion des risques
2. Promouvoir des critères rigoureux en matière de gouvernance d'entreprise

Environnement
3. Faciliter le financement de technologies respectueuses de l'environnement
4. Encourager l'usage des actifs d'une façon durable5. Faire apparaître le coût des risques sociaux et environnementaux dans les produits financiers

Responsabilité sociale et développement
6. Promouvoir des normes élevées concernant la responsabilité sociale des entreprises dans les activités financées
7. Offrir l'accès aux produits financiers aux populations défavorisées ou à celles des pays en voie de développement

Sustainable Development Coordinator, Corporation of London, Guildhall, London EC2P 2EJ,simon.mills@corpoflondon.gov.uk)

Les stratégies d'investissements et de placements «éthiques» ou «socialement responsables» connaissent depuis quelques années un essor considérable. Elles associent au critère de performance financière des critères de performance sociale et environnementale.Les investisseurs «responsables» peuvent agir à plusieurs niveaux:
  • Sélection des valeurs entrant dans les portefeuilles de placement
  • Investissement dans les petites entreprises ou start-up
  • Placements solidaires ou alternatifs attachant une importance secondaire au rendement financier
  • Activisme actionnarial (exercice des droits de vote associés à la détention d'actions dans le but d'influencer la politique des entreprises).
 

Déclaration des Institutions Financières sur le Développement Durable

Nous, membres du secteur des services financiers, reconnaissons que le développement durable dépend d'une interaction positive entre le développement économique et social et la protection de l'environnement, afin que soient équilibrés les intérêts de la génération actuelle et ceux des générations futures. Nous reconnaissons en outre que le développement durable est la responsabilité collective des gouvernements, des entreprises et des individus. Nous sommes résolus à oeuvrer en coopération avec ces secteurs, dans le cadre des mécanismes du marché, pour atteindre des objectifs écologiques communs.

1. Engagement en faveur d'un développement durable
1.1        Nous considérons le développement durable comme un aspect fondamental de la saine gestion des affaires.

1.2        Nous estimons que la meilleure façon d'aboutir à un développement durable est de permettre aux marchés de fonctionner dans un cadre approprié de réglementations et d'instruments économiques efficaces au regard de leur coût. Les gouvernements de tous les pays ont un rôle de premier plan à jouer dans la fixation et l'application de priorités et de valeurs écologiques communes à long terme.

1.3        Nous considérons que le secteur des services financiers a une importante contribution à apporter au développement durable, en association avec les autres secteurs économiques.

1.4        Nous reconnaissons que le développement durable est un objectif d'entreprise et qu'il fait partie intégrante des manifestations de l'esprit civique des personnes morales.

2. La gestion de l'environnement et les institutions financières
2.1        Nous souscrivons, en matière de gestion de l'environnement, aux solutions de prudence qui visent surtout à prévoir et prévenir ce qui pourrait dégrader le milieu.

2.2        Nous sommes résolus à respecter les réglementations écologiques locales, nationales et internationales applicables à nos opérations et aux services qui relèvent de notre activité. Nous nous attacherons à donner leur place aux considérations écologiques dans nos opérations, dans la gestion des avoirs et dans les autres décisions commerciales, sur tous les marchés.

2.3        Nous reconnaissons que l'identification et la quantification des risques écologiques devraient faire partie intégrante du processus normal d'évaluation et de gestion des risques, dans les opérations tant intérieures qu'internationales. En ce qui concerne nos clients, nous considérons que le respect des réglementations écologiques applicables et le recours à de saines pratiques écologiques sont des facteurs importants qui contribuent à prouver l'efficacité de la gestion de l'entreprise.

2.4        Nous nous efforcerons de recourir aux meilleures méthodes de gestion de l'environnement, y compris aux économies d'énergie, au recyclage et à la réduction des déchets à la source. Nous nous efforcerons de nouer des relations commerciales avec des partenaires, des fournisseurs et des sous-traitants aussi exigeants que nous en matière d'environnement.

2.5        Nous avons l'intention de mettre périodiquement nos méthodes à jour pour y incorporer les nouvelles pratiques pertinentes en matière de gestion de l'environnement. Nous encourageons le secteur des services financiers à entreprendre des recherches dans ces domaines et dans les domaines connexes.

2.6        Nous reconnaissons qu'il faut procéder périodiquement à des audits internes sous l'angle de l'environnement et évaluer nos activités au regard de nos objectifs écologiques.


Sites web

Agences de notation - cabinets d'audit - certification
Assurances
Concurrence - concentration - cartels
Déréglementation
Emploi
Finance
Financement
Financement de la recherche
Financement de la vulgarisation
Financement mutualiste
Financement du développement durable
Financement et commerce
Finances et Environnement
Finances rurales
Fonds d'Amortissement des Charges d'Electrification (FACE)
Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les populations autochtones
Fonds de pension
Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP)
Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF)

Fonds d'études et d'aides au secteur privé (FASEP)
Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM)
Fonds pour l'environnement mondial (FEM)
Impôts
Paradis juridiques, bancaires et fiscaux
Rachat d'actions
Spéculation



Financement du développement durable
 

 
 
En France
Interactive map of the world Prise de décisions: organismes de coordination
Prise de décisions: législation et réglementations
Prise de décisions: stratégies, politiques et plans
Programmes et projets
Information
Coopération

Prise de décisions: organismes de coordination

Les entités gouvernementales chargées du dossier sont le Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement, ainsi que le Ministère des Affaires Etrangères. La COFACE est l'organisme d'appui à la Direction des relations économiques extérieures ( DREE) du Secrétariat d'Etat au Commerce Extérieur qui garantit les exportations et les investissements directs français à l'extérieur contre un certain nombre de risques. Le G8 a confié à l'OCDE la mission de définir des recommandations (guide-lines) communes relatives au crédit export afin d'inciter les firmes à adopter de «bons comportements» en matière de conduite de projets. La COFACE entend garantir la conformité de ses interventions avec ces lignes directrices.


Prise de décisions: législation et réglementations

La taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) a été instaurée le 1erjanvier 1999. La création de cette nouvelle taxe a pour but de renforcer et de mieux appliquer le principe «pollueur-payeur». L'introduction de la TGAP constitue une première étape vers la mise en œuvre d'une fiscalité environnementale véritablement incitative. Le mécanisme de la TGAP conduit en effet à séparer le niveau de la taxe du montant des ressources nécessaires pour financer la réparation des dommages causés à l'environnement par les activités polluantes visées (contrairement au système de taxes affectées qui prévalait jusqu'alors).

Du fait de son caractère général (il s'agit de recevoir au sein d'une même taxe des accises portant sur des activités polluantes de nature et d'origine différentes), la TGAP constitue également un outil de modernisation, de clarification et de simplification de la fiscalité écologique. L'instauration de la TGAP est aussi un premier pas vers la création d'une éco-taxe.

En effet, la France se dote, avec la TGAP, de la possibilité d'intégrer la taxation de l'énergie lorsque le projet de directive européenne, en cours de discussion, qui poursuit le double objectif d'harmonisation fiscale et de protection de l'environnement, aura été adopté.

D'ores et déjà, afin d'être en mesure de satisfaire à son engagement, dans le cadre du protocole de Kyoto (adopté en décembre 1997), de stabiliser en 2010 ses émissions de gaz à effet de serre au niveau atteint en 1990, le Gouvernement français a décidé, le 20 mai 1999, d'élargir l'assiette de la TGAP aux consommations intermédiaires d'énergie. Un tel élargissement de l'assiette de la TGAP devrait permettre, aux côtés d'un premier dividende environnemental (diminution des émissions de gaz à effet de serre) qu'elle procure, d'allouer les ressources ainsi dégagées au service d'un second dividende: le dividende pour l'emploi. En effet, en substitution à d'autres prélèvements obligatoires qui pèsent sur le travail, le produit de la TGAP devrait être affecté au financement d'un allègement des cotisations sociales employeurs.

Cet élargissement de la TGAP n'entrera en vigueur qu'à compter du 1er janvier 2001, de manière à pouvoir recueillir auparavant l'assentiment des acteurs économiques quant à ses modalités. A cet effet, une démarche de concertation, inédite en matière fiscale, a été lancée par les Ministères concernés, témoignant du souci de déterminer dans la transparence les meilleures solutions pour concilier les objectifs environnementaux de la politique gouvernementale et la préservation de la compétitivité de l'industrie française. L'extension de la TGAP au domaine de l'eau était prévue pour l'année 2000.

Dans cette perspective, le Gouvernement a proposé au Parlement, dans le cadre du Plan de Financement de la Sécurité Sociale, d'élargir l'assiette de la TGAP aux produits phytosanitaires les plus toxiques pour la santé de l'homme ou pour les milieux naturels, aux lessives, notamment celles qui contiennent des phosphates, et à l'extraction de granulats qui modifie les paysages et perturbe le fonctionnement écologique des milieux naturels. Le produit de ces taxes (estimé à 1 milliard de francs en 2000, sur 3,2 milliards de francs pour le total de la TGAP) contribuera à l'allègement des charges des entreprises qui créeront des emplois grâce à l'application de la loi sur les 35 heures. Avec l'adoption par les députés du principe de cette extension de la TGAP à ces trois domaines, le processus de substitution d'une fiscalité qui pèse sur le travail par une fiscalité qui pèse sur les pollueurs au bénéfice de l'emploi a été amorcé.

Une mesure de minoration de la TVA (passant de 20,6% à 5,5%) sur la collecte sélective des déchets, le tri et la valorisation matière a été instaurée par la loi de finances 1999. Cette minoration du taux de TVA a vocation à contribuer à la promotion et au développement des filières de collecte sélective, de tri (mode de traitement des déchets le plus respectueux de l'environnement mais le plus coûteux) et de valorisation matière, ainsi qu'à permettre une meilleure harmonisation des niveaux de taxation de ces opérations au sein de l'Union Européenne; de plus, elle s'est traduite par une diminution de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères ( TEOM) ou de la redevance d'enlèvement des ordures ménagères ( REOM) acquittées par les ménages français. Le revenu minimum d'insertion a été créé par la loi du 1er décembre 1988, modifiée par celle du 29 juillet 1992. Cette allocation qui constitue l'un des éléments de lutte contre la pauvreté a pour objectif de permettre aux plus démunis de disposer d'un minimum vital et de favoriser leur insertion sociale et professionnelle.

A cet effet, la loi a prévu deux volets: une allocation différentielle financée par l'Etat et un contrat d'insertion par lequel le bénéficiaire s'engage à participer à des actions et activités d'insertion professionnelle et sociale. Cette allocation s'accompagne de toute une série de mesures visant à supprimer toute forme d'exclusion dans les domaines de l'éducation, de la santé, du logement, de la formation et de la culture. La loi d'orientation relative à la lutte contre les exclusions a été adoptée le 28 juillet 1998, elle recouvre à la fois un volet emploi et un volet santé et se fixe pour principal objectif de garantir l'accès à leurs droits fondamentaux aux personnes en situation de dénuement ou de détresse sociale.

Pour combattre l'inégalité devant la prévention et les soins qui résulte de la montée de la précarité et de la pauvreté et qui constitue l'une des injustices les criantes de la société française, le principe de la Couverture Maladie Universelle a été adopté avec la loi du 27 juillet 1999 (Loi n°99-641). Cette loi comporte trois dispositions majeures : la prise en charge des soins par un régime de sécurité sociale, le bénéfice d'une protection complémentaire gratuite pour les 6 millions de personnes les plus défavorisées, la dispense d'avance de frais). L'instauration de la Couverture Maladie Universelle a pour ambition de «garantir à tous la protection de la santé» comme le déclare le préambule de la Constitution Française de 1946. En vertu du principe du traitement national, les investissements directs étrangers en France sont soumis aux même règles que les entreprises françaises, notamment pour ce qui concerne la protection de l'environnement.


Prise de décisions: stratégies, politiques et plans

Le Ministre de l'agriculture et de la pêche a décidé d'appliquer le principe de la conditionnalité écologique institué par la réforme de la politique agricole commune aux aides en faveur des cultures irriguées. Dès l'année 1999, le versement de ces aides sera ainsi réservé aux agriculteurs titulaires d'une autorisation de prélèvement et en règle avec la police de l'eau.


Programmes et projets

Dans le cadre du projet de réforme de la politique de l'eau, le principe d'une réforme des redevances des agences de l'eau visant à encourager davantage les pollueurs à supprimer ou à réduire leurs rejets, a été posé. Dans cette perspective, quatre orientations ont été retenues.

Premièrement, il s'agit, de réformer la redevance de pollution domestique payée par chaque consommateur dans le sens d'une plus grande équité et d'une plus grande efficacité. A cette fin, il est prévu de rendre redevables, au titre de la pollution urbaine, les services publics locaux d'assainissement, ainsi que de tenir compte pour le calcul de la redevance de la pollution nette rejetée.

Deuxièmement, il est envisagé d'élargir l'assiette de la redevance de pollution industrielle à l'ensemble des formes de pollution émises (notamment en tenant compte du rejet de substances radioactives et de l'augmentation de la température des cours d'eau).

Troisièmement, dans le domaine des pollutions agricoles, il est prévu d'asseoir une redevance sur les excédents d'azote minérale et organique fondée sur un bilan matières par exploitation.

Quatrièmement, l'ensemble de ces modifications doit contribuer, à terme, à une neutralité de la redevance de prélèvement d'eau quels que soient les différents types d'usage de l'eau. Une concertation sera engagée prochainement par la Ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement sur la base de ces orientations qui ont été présentées le 27 octobre 1999 en Conseil des Ministres.

Au titre de la loi de finances 1999, une mesure visant à diminuer le différentiel de taxation entre le gazole et l'essence a été adoptée, elle sera poursuivie en 2000. Le Gouvernement français s'était, en effet, engagé à accroître, chaque année, et ce pendant 7 ans, de 7 centimes, la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) sur le gazole, de manière à réduire cet écart et à l'aligner sur le différentiel moyen communautaire.

Le caractère progressif de cette hausse de la taxation du gazole devait permettre aux consommateurs et aux constructeurs automobiles de s'adapter au rééquilibrage de la fiscalité entre les différents carburants. L'extension de la TGAP (Taxe générale sur les activités polluantes), que ce soit dans le domaine de l'eau ou celui de l'énergie, s'opère conformément au principe de la neutralité fiscale globale, en venant se substituer à d'autres prélèvements obligatoires qui pèsent sur le travail.

Dans cette perspective, dès l'année 2000, le produit escompté de la TGAP sur l'eau (1 milliard de francs) contribuera à l'allègement des charges des entreprises qui créeront des emplois grâce à l'application de la loi sur la réduction du temps de travail à 35 heures. De manière similaire, le livre blanc sur les modalités d'extension de la taxe générale sur les activités polluantes aux consommations intermédiaires d'énergie des entreprises prévoit une affectation des recettes ainsi dégagées au financement de l'allègement des cotisations sociales employeur. Outre cette mobilisation de la TGAP dans cette perspective de double gain, gain pour l'environnement et gain en matière d'emploi, un certain nombre de mesures a été adopté par la France pour répondre plus spécifiquement au problème de la pauvreté et de l'exclusion.

A travers sa politique de coopération au développement la France entend contribuer à lutter contre la pauvreté au côté des pays les plus défavorisés. Le montant de l'aide publique française au développement s'est élevé en 1997 à 37 milliards de francs, ce qui représentait environ 13,34 de l'aide publique au développement mondiale.

Information

Cette concertation s'est engagée à partir de la diffusion d'un «Livre blanc sur les modalités de l'extension de la taxe générale sur les activités polluantes aux consommations intermédiaires d'énergie des entreprises» (qui peut être consulté, depuis le 12 juillet 1999, sur les sites Internet du Ministère de l'économie des finances et de l'industrie : http://www.finances.gouv.fr et du Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement: http://www.environnement.gouv.fr .

Ce livre blanc a été rédigé conjointement par le Ministère de l'économie des finances et de l'industrie, le Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement, le Secrétariat d'Etat au budget et le Secrétariat d'Etat à l'industrie. Il présente les orientations retenues par le gouvernement et sollicite l'avis des acteurs économiques sur les différentes solutions envisageables quant à la définition des modalités de cette extension de l'assiette de la TGAP. Les réponses apportées aux questions figurant dans le livre blanc devaient avoir été remises au 31 octobre 1999, elles permettront d'éclairer les choix du Gouvernement.

La volonté de transparence et de concertation qui anime et guide le Gouvernement français dans le processus d'élaboration et de mise en œuvre des mesures visant à infléchir dans une perspective durable l'ensemble des politiques sectorielles, se concrétise par la diffusion et une mise à disposition élargie d'informations et de renseignements relatifs au développement durable dans l'ensemble de ses dimensions et, en particulier aux modalités de son financement (voir sous les chapitres "Coopération Internationale" et " Intégration du processus décisionnel"). Ces informations sont disponibles, notamment, sur les différents sites Internet des principaux Ministères concernés, ainsi que sur les sites des opérateurs associés aux Ministères dans le domaine de la coopération au développement:

Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement
Ministère de l'économie des finances et de l'industrie
Ministère des affaires étrangères
un dossier complet consacré à «La coopération française et le développement durable» peut être téléchargé
Fonds Français pour l'Environnement Mondial
Agence Française de Développement



Coopération

En ce qui concerne les investissements directs français à destination des pays en voie de développement et en transition, la France, dans le cadre de sa politique de coopération au développement (qu'il s'agisse du domaine de l'aide publique bilatérale ou en matière d'aide multilatérale), est à l'origine d'initiatives pilote en faveur du développement durable. A cet égard, le Fonds Français pour l'Environnement Mondial (FFEM) joue un rôle moteur. Ce mécanisme bilatéral (complétant la participation française au Fonds pour l'environnement mondial, FEM), apporte, sous forme de dons, des ressources à des projets d'investissement ayant un impact positif sur l'environnement mondial (dans les domaines de l'effet de serre, de la biodiversité et des eaux internationales) et répondant à un critère de démonstration (le projet doit avoir un caractère innovant). Les dons du FFEM financent exclusivement le coût additionnel imputable à la prise en compte de la protection de l'environnement global par le projet considéré (notion de coût incrémental).

Information soumise par le Gouvernement de la France auprès des Cinquième, Sixième et Huitième Sessions de la Commission du développement durable des Nations Unies. Dernière mise à jour: mai 2000


 
 

DMDD